La vie d’un entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille. Quand nous créons notre entreprise, nous sommes une boule d’énergie tout feu tout flamme, plein d’idées et d’élan. Pourtant il arrive que la belle route que nous avions dessiné, que nous pensions réussir à suivre, se transforme en un chemin plein de bosses, voire même en bourbier. Quand tout s’amoncelle et que nous ne voyons plus notre route, ou pire quand les solutions, les portes de sorties disparaissent, il nous arrive à tous de faire des mauvais choix. Choix qui peuvent nous mener au bord de la rupture !

C’est ce qui m’est arrivé quand j’ai décidé de lancer mon second institut. Tout était au vert. Le premier tournait à plein régime. J’avais 3 employées et une opportunité est apparue. Une amie ne pouvait plus s’occuper de la cabine qu’elle avait dans un centre médical pour des raisons personnelles et me propose de la reprendre. Opportunité ou piège ? Avec le recul, l’expérience je sais que les deux options sont possibles. Avec une réelle vision pour mon entreprise, une stratégie de développement mûrie et réfléchie, au vu de ma situation de l’époque cela aurait pu être une belle opportunité … J’étais certes dans une logique d’expansion, mais sans réelle vision à cette époque-là, je dois bien le reconnaître. Et je me suis lancé avec toute mon énergie et mes certitudes. Et comme d’habitude, cela a pris. Au début … Après des petits riens ont commencé à apparaître. Par exemple, c’était de l’autre côté de Paris . pas très loin, juste 25 km … mais cela voulait dire 1h30 à 2h de route. Motivée comme je le suis pour tous mes projets, je me dis « même pas peur ». Et je me lance dans cette nouvelle entreprise.

Pour résumer l’histoire, la propriétaire souhaitant un centre d’esthétique au sein de son cabinet, je lance un deuxième institut me basant sur les recettes du premier. Je ne reviendrai pas sur tous les grains de sables qui ont été de mal en pis et ont mis l’ensemble de mon entreprise en danger. Ce qui a sauvé mon entreprise, c’est que je n’ai jamais fait l’autruche. Quand nous arrivons à un stade où nous avons des difficultés à payer nos charges, la TVA, etc…., la pire des choses est d’être dans le déni.

être dans le déni….

Cette semaine je faisais un coaching à une entrepreneuse qui a baissé les bras. Sa banque l’appelle, elle ne répond pas. Les impôts la relancent, elle ne lit pas les courriers. C’est cela faire la politique de l’autruche. Mettre la tête dans le sable et espérer que le danger ne la verra pas. Or l’autruche finit toujours par se faire manger à ce tarif-là. Et il est utopique de penser qu’en enterrant les problèmes, ils ne nous exploseront pas au visage.

Effectivement quand tout va mal, quand nous avons beaucoup de dettes au niveau de l’URSSAF, des impôts, du loyer, nous finissons par nous sentir submergé, face à des obstacles insurmontables. Mais refuser de les regarder, ne va pas les faire disparaître … Au contraire, cela risque fortement de les faire croître. De plus, le fait de ne pas les traiter est une source continue de stress pour le cerveau. Source de stress, donc source de fatigue … Or quand nous arrivons à ce niveau de problèmes, pour s’en sortir, il faut de l’énergie et donc oser les regarder en face.

Bien souvent à l’origine de cette perte de confiance, se trouve un ou des éléments déclencheurs. Une faillite ou un état d’endettement n’arrivent pas tout seul d’un coup. C’est beaucoup plus compliqué que cela. Il y a d’abord un choc émotionnel ou bien un événement traumatique (le décès d’un proche, un divorce, ….). Puis le chef d’entreprise ne traite plus que les affaires courantes mais démissionne complètement de la gestion de l’entreprise, parce qu’il n’a plus le temps, plus l’envie… Les factures ne sont plus réglées en temps et en heure, les agios s’accumulent. Il y a des impayés auprès des clients et ils ne sont pas réclamés. Bref une spirale infernale se met en place et c’est la dégringolade.

Comment faire pour en sortir me direz-vous ? La première chose est effectivement de ne pas y rentrer. Facile à dire ? Oui, mais pas forcément si compliqué à faire que cela. Quand il arrive quelque chose, c’est toujours après coup que nous nous disons que nous aurions pu faire autrement. Sinon quand nous y sommes, voici un plan d’action pour vous permettre de vous en sortir, pas après pas.

  1. Arrêter de se voiler la face. Accepter de se dire que nous avons un problème de gestion et le prendre à bras le corps. Effectivement quand nous sommes submergés de dettes, tout devient compliqué. Pour se réapproprier son entreprise, il va falloir faire un bilan complet des charges, des en-cours, des dettes que l’entreprise a. Accepter de se dire que nous avons fait une erreur. L’entrepreneur est seul dans la gestion de son entreprise, pour le meilleur et le pire. Assumons-le, et acceptons de n’être que des humains, et donc d’être faillible.
  2. Demander de l’aide. Et oui, souvent quand cette situation est là, la honte et le sentiment de culpabilité sont très présents. Nous n’osons pas demander de l’aide. Pourtant nous n’avons pas l’énergie nécessaire pour tout faire nous-même. Avoir des personnes dans notre entourage qui peuvent, ne serait-ce que nous écouter parler, peut permettre de regagner du courage pour s’atteler à ces tâches. Sinon, écouter autour de vous qui a eu recours à un coach, à une expertise tierce pour l’aider à prendre du recul. Rappelez-vous nous ne sommes qu’humains … tous !
  3. Faire la liste des dettes et encours qu’il y a dans l’entreprise.
  4. Prendre rendez-vous avec toutes les instances envers qui il y a des dettes et aller leur parler. Bien souvent, quand il y a dette, il y a honte. Et le premier réflexe est d’aller se cacher. Or c’est tout l’inverse qu’il convient de faire. Aller voir l’instance en exposant ses problèmes et en cherchant ensemble des solutions est la meilleure des choses à faire. Vous verrez que bien souvent le créditeur ne sera pas là pour vous enfoncer. Voir quelqu’un qui prend ses responsabilités et essaye de trouver des solutions incite à la clémence et à la bienveillance. Puis soyons terre à terre, il vaut mieux travailler avec la personne vous devant de l’argent pour espérer rentrer dans vos frais que de voir cette personne faire faillite …
  5. Prendre des engagements et s’y tenir ! Il vaut mieux faire un plus long échéancier mais s’y tenir que de promettre de grands remboursements et ne pas les faire. Je vous incite à la prudence. Même si vous êtes dans l’énergie de reprendre votre entreprise en main, de rembourser vos dettes, ce qui est très bien, soyez prudent. Proposez des remboursements qui seront facilement réalisables mais qui ne vous mettent pas en stress. Rien de pire que de remettre son entreprise en danger à cause de cela. Vous perdrez toute crédibilité.
  6. Faire des petits pas chaque jour. Ne voyez pas trop grand. Tous les matins, listez trois choses importantes à faire, pas plus, et faites-les. Vous verrez que si vous vous tenez à les faire chaque jour, d’ici deux à trois mois, vous aurez repris entièrement la gestion de votre entreprise.

Avoir des déboires, des soucis, nous pouvons tous en avoir quand nous gérons une entreprise. Même quand nous perdons le cap, ce qui est important de toujours garder à l’esprit, c’est que nous pouvons toujours nous en sortir si nous ne faisons pas l’autruche et que nous demandons de l’aide. Etre épaulé et conscient des choses qu’il y a à faire sont les deux piliers pour ne pas sombrer quand il arrive des jours difficiles dans son entreprise.

N’oubliez pas, aussi courageux, motivé et volontaire que nous sommes, nous ne sommes que des humains !

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