Entreprendre, échouer et rebondir....

Rencontres
12 Novembre 2017
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Mercredi soir, j’ai eu le plaisir d’être invitée à une conférence donnée par l’association « 60000 rebonds » au siège du Medef à Paris.  Grâce à cette soirée, j'ai appris à connaître cette association qui mérite d'être connue pour son action et son soutien auprès d'hommes et de femmes qui perdent tout et qui ne savent vers qui se tourner.

Le sujet portait sur « Entreprendre, échouer puis rebondir, parlons-en ! ».

L’échec vaste sujet dans notre société française. Sujet qui me touche personnellement car je l’ai vécu l’an passé quand j’ai dû fermer mon deuxième institut. Et au passage, presque tout perdre. J’ai failli fermer Physiobell’ à Savigny et j’ai tout perdu financièrement. Seul le soutien de ma banque et de mes proches alors que mon compte professionnel était très, très, très, très bas, voire au tréfonds du négatif, m’a permis de ne pas sombrer et de ne pas déposer le bilan. Ensuite grâce à mon travail acharné et mes clientes bienveillantes, j’ai remonté la pente bien ardue.

Bref ce sujet me touche et m’interpelle. Donc je bloque mon planning et je m’y rends. Voici la synthèse de ce beau moment.

C’est Quentin Périnel, journaliste au Figaro, qui anime la soirée par ses questions auprès des intervenants. Tout d’abord il brosse le portrait de l’échec en France. Il n’y est pas étudié. Il reste encore très tabou d’en parler dans la société française.

Qu’est-ce que l’échec pourtant pour l’entrepreneur ? C’est une perte de l’estime de soi. On se sent être un imposteur, celui qui a raté. C’est celui qui n’a pas pu être capable de tenir une boite, de la maintenir à flot. Bien souvent le chef d’entreprise qui perd tout, perd non seulement son argent, son investissement financier, mais aussi sa confiance en lui, son estime de soi. Quand un chef d’entreprise crée sa boite, c’est une façon qu’il a de donner du sens à sa vie. Il a besoin d’être utile. Mais quand arrive l’échec, nil n’est plus maître de ses aventures. Tout s’effondre. Bien souvent, une psychothérapie est nécessaire.

L’entreprenariat c’est accepter l’échec et la prise de risque car sans prise de risque, nous ne créons pas, nous n’avançons pas. Mais la prise de risque suppose du coup l’ouverture à l’échec.  Elle est sous-tendue par la dynamique de l’échec. L’entreprenariat est donc une histoire de tripes. On l’a dans le sang et on y va. On y croit mais il y a la possibilité de l’échec, toujours….

Quand un chef d’entreprise doit prendre la décision de fermer son entreprise, c’est une prise de décision difficile. Il craint le regard des autres. Tout d’abord de ses salariés et collaborateurs qu’il va mettre au chômage. Mais il craint aussi le regard de sa famille, de sa femme, de ses enfants car il met en péril le confort familial. Il craint ce regard plutôt qu’il n’est. Mais quand il perd son entreprise, c’est comme perdre une partie de soi. C’est comme un enfant qui meurt.

Quand j’ai dû fermer Nanterre, je fus submergée par un sentiment de défaite, après des mois acharnés de combats pour maintenir le bateau à flot. C’est un moment où j’ai baissé les bras. Je savais que je n’avais plus l’énergie, la force, ni les ressources nécessaires pour remonter cette fois-ci. C’est un constat terrible, d’abdiquer, de renoncer à se battre. Cela fait mal au cœur. Mais se savoir tellement épuisée qu’on n’arrive plus à raisonner. Qu’on sait qu’on n’a plus de carburant pour sauver son entreprise. C’est le moment où j’ai dit stop. J’en peux plus. Mon corps n’en peut plus, mon esprit n’en peut plus des soucis, du banquier qui appelle car le compte est dans le rouge, des charges qui s’accumulent. L’échec est ce moment ultime où tout s’arrête, où tout doit être liquidé.

Je me suis reconnue dans ces chefs d’entreprise qui nous racontaient leur parcours sur scène. Et j’étais attentive à savoir comment ils s’en étaient sortis car moi-même je m’en suis sortie. Et je pense aussi qu’après coup, que l’échec est aussi une expérience gratifiante et valorisante quand on arrive à remonter la pente. Mais j’y reviendrai plus tard.

A ce moment de la conférence, le journaliste cherchait à débusquer le comment faire pour s’en sortir.

La première chose à retrouver quand on perd notre estime et notre confiance en soi, est de retrouver la croyance qu’on est capable. Oui faire ressurgir en nous, de croire en nous et en nos actions. La fermeture d’une entreprise n’est pas nous, notre être ultime. C’est une épreuve, une expérience mais cet échec n’est pas notre être intérieur. Le problème de l’échec en France, c’est qu’on confond l’entreprise et le chef d’entreprise. Quand on crée son entreprise, on pense qu’elle est nous. Mais ce n’est pas vrai. Elle ne définit pas notre valeur intrinsèque. Elle est une action, une conséquence de notre être mais n’est pas notre être. Donc il s’agit de bien distinguer les deux choses et de retrouver notre croyance qu’on est capable de créer à nouveau. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Donc deuxième chose, il faut aller de l’avant, avoir de nouveaux projets. Quoi de mieux pour digérer un échec que de se lancer dans de nouveaux projets, dans une nouvelle action ? Personnellement je me suis recentrée sur mon entreprise de Savigny et quand j’ai eu digéré mon deuil, je me suis posée pour réfléchir à de nouveaux projets. De quoi j’avais envie maintenant ? De quoi suis-je capable ? Pour trouver la réponse à cette question, j’ai fait un bilan pour réfléchir à toutes mes compétences. Et c’est justement ce qui convient de faire. L’idée est de faire réémerger les compétences de l’entrepreneur.

Se réapproprier son histoire et ses compétences est la planche de salut quand on traverse un échec. Et grâce au nouveau projet, on sort de la culpabilité du passé et de l’échec pour se focaliser sur la construction de son avenir. On sait ce qu’on veut mais surtout ce qu’on ne veut plus faire.

Tous les intervenants étaient unanimes pour dire que le soutien de l’entourage est primordial quand on se sent coupable. La culpabilité est un effet de honte. On n’a plus qu’une idée c’est se cacher des autres, ne plus sortir. Mais c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. D’où l’importance de se faire aider.

Puis commença la deuxième partie de la conférence où Quentin Périnel recevait deux intervenants remarquables, Mercedes Erra et Thierry Marx.

Cela a été un festival de bons mots et de réflexion intense. Je me permets de vous donner les phrases qui ont été les plus percutantes pour moi.

Thierry Marx a parlé de son parcours scolaire qui a été un échec. Pour lui l’école apprend pour faire et comme lui ne voyait pas l’intérêt, n’apprenait pas. Ce sont l’ordre des Compagnons qui lui a fait faire pour apprendre, et il a enfin compris.

Pour son grand-père, il n’y a que la mort qui est irréversible. Donc s’il vivait un échec, il se disait qu’il n’était pas mort, donc il pouvait toujours se relever.

Pour lui, c’est le projet qui fait relever la tête, c’est le projet qui permet de ne pas subir l’échec. Il faut savoir lâcher la main du passé. Il ne faut pas chercher de responsable, mais juste lâcher prise à ses problèmes. Pour passer outre, trois mots

  1. Rigueur
  2. Engagement
  3. Régularité

C’est cette énergie là qu’il faut retrouver.

Pour Mercedes Erra, l’échec n’est vraiment un échec que si on le décide. C’est la vision qu’on a d’une expérience qui fait qu’elle devient un échec. Elle parle d’épreuves, de pépins, mais jamais d’échecs pour elle. Plus on prend des claques, plus on avance et plus on a d’expériences intéressantes. L’échec est un mot pour ceux qui pensent qui sont victimes dans leur vie. Mais par ailleurs, il convient de rester humble. Quand on réussit dans la vie, toujours se dire qu’on a de la chance. Se dire qu’on a de la chance permet de calmer l’ego et de ne pas prendre la grosse tête. La vie, pour elle, est une question d’opportunités et de rencontres.

Le talent dans la vie, c’est de prendre des risques. Car si on veut une vie où l’on ne fait pas d’erreurs, où l’on veut être à 100% sûrs de ce que l’on fait, alors c’est là qu’on perd. Le risque est la possibilité de réussir. Ne rien faire est l’assurance d’échouer.

Si on veut un vrai projet de vie ;  la vraie force, c’est d’y croire ….. et de risquer oser le faire …..

 

Et je pense que cette phrase de conclusion résume à elle seule ce formidable moment passé mercredi .

 

A propos de l'auteur

Florence Ansar

Florence Ansar


Fondatrice de Physiobell', je vous aide à vous réapproprier votre corps, pour vous réapproprier votre vie.

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