Nous savons que le stress tient la première place au rang de maladie du siècle avec les maux de dos. Déjà en 1999, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail estimait que le stress était à l’origine de 50% à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues. Mais qu’est-ce que le stress ? Pourquoi ne sommes nous pas égaux face à lui ?

Les trois phases du stress

Biologiquement parlant, le stress est un mécanisme complexe déclenché par une situation que nous ne maîtrisons pas, un événement qui nous met en danger. Le stress est un phénomène à la fois biologique, psychologique et social, qui met en jeu notre organisme dans sa globalité (corps-cerveau-esprit) et qui se situe à la frontière de notre monde émotionnel.

Dès 1948, Hans Selye définissait le « cycle de vie » du stress avec 3 phases :

  • L’alarme : l’organisme se prépare à affronter le danger.
  • La résistance : l’organisme se prépare à une action longue.
  • Le retour à la normale … ou l’épuisement.
Syndrome général d’adaptation – H. Selye

Sans entrer dans les détails, les deux premières phases, sont des phases où le corps sécrète différentes hormones afin de réagir le plus rapidement et le plus efficacement possible, puis, si besoin, maintenir cet état le plus longtemps possible.

La première phase est généralement plutôt bénéfique : un petit boost d’adrénaline naturel pour répondre à un défi momentané. Une fois la menace écartée, naturellement, le corps doit revenir à son état fondamental, les différents mécanismes de régulation interne faisant le boulot à notre insu. On est dans ce qu’on appelle le « bon stress ».

Les soucis peuvent survenir quand nous entrons dans la seconde phase. Dans ces cas là, le stress peut devenir nuisible. Lorsque la situation stressante dure trop longtemps, cette situation stressante génère de :

  • Anxiété : peur, inquiétude, malaise intérieur…
  • Angoisse : fatigue, palpitations, oppression, troubles digestifs.
  • Tensions : tétanie, tensions et spasmes musculaires (évocateurs d’une carence en magnesium), tension dans les mâchoires
  • Hypervigilance : difficultés de concentration, troubles de la mémoire, perte de motivation, troubles de l’endormissement, réveils nocturnes, réveil trop tôt…

Cette phase, en fonction de l’intensité et de la durée d’exposition à l’élément stressant peut durer jusqu’à quelques mois. Plus le temps passe, plus on s’enfonce dans ce qu’on appelle le « mauvais stress ».

Au-delà de cette phase de résistance, le corps entre dans la dernière phase : l’épuisement. L’organisme ne peut plus faire face, il est à court d’énergie, il nous met en mode « survie ». Dans cette phase des pathologies appelées « maladies de l’adaptation » risquent de se déclencher.

Ces maladies de l’adaptation peuvent être vues comme une ultime défense de l’organisme, une façon extrême de compenser le stress non résolus. Ces maladies sont nombreuses et leur échéances plus ou moins lointaines :

  • Hypertension artérielle liée à l’excès d’hormones (adrénaline et noradrénaline),
  • Ulcères dit de « stress » liés à l’effet du cortisol,
  • Diabète lié à l’excès de sucre dans le sang,
  • Rhumatismes, fibromyalgie, fatigue chronique et diminution des défenses immunitaires liés au cortisol,
  • Troubles hormonaux
  • Dépression, burn-out, spasmophilie
  • Hypersensibilité émotionnelle

Pour conclure rapidement, le stress est une réaction naturelle, saine qui nous aide à réagir à un évènement imprévu et potentiellement jugé dangereux. Le « mauvais stress » n’est que du « bon stress » qui dure trop longtemps et qui dégénère.

Le stress – un ressenti personnel

Tous, à un moment ou à un autre, avons subi cette remarque : « Mais pourquoi tu stresses, ça va bien se passer ! ». Et bien, je stresse parce que j’en ressens le besoin, parce que mon corps, mon instinct en perçoit l’utilité.
La perception du stress est influencée par deux facteurs externes :

  • Des facteurs personnels émotionnels comme l’affectivité, l’anxiété,
  • Des facteurs situationnels comme l’imprévisibilité, l’ambiguïté ou l’incontrôlabilité de l’événement.

De plus, lors de la phase d’alarme, nous faisons appel à notre mémoire, à notre vécu, à nos expériences pour qualifier le risque et essayer de trouver la réaction la plus adéquate. A ce moment là, l’expérience collective n’est d’aucun recours. Comme les enfants, le monde entier a beau nous dire que tout va bien se passer, tant que nous n’aurons pas affronté nous même la situation, notre corps identifiera la situation inconnue comme un risque potentiel.

Cette perception du stress est subjective et personnelle. Ainsi, confronter à un même événement, nous interpréterons la situation selon nos critères et mettrons en place des stratégies différentes les uns des autres.

Pourquoi nous stressons-nous ?

Certes, nos expériences, notre état émotionnel, notre environnement influe sur notre réaction aux situations stressantes, mais est-ce que ce que nous jugeons comme stressant est réellement un événement extérieur ? Ou ne serions nous pas notre propre source de stress ?

Nous en voulons toujours plus. En 1894, Pierre de Coubertin a immortalisé cette citation : « Plus vite, plus haut, plus fort ! ». Mais cette recherche de la perfection, ce besoin d’un gain toujours plus important, cette compétition permanente sont des sources de stress. Des stress que nous nous imposons. Oui, la société dans laquelle nous vivons valorise ces notions. Mais c’est à nous de les vivre, de nous les approprier.

Le stress est une réaction saine, qui peut nous donner un gain de performance temporaire. Mais temporaire, nous avons besoin de laisser notre corps se reposer. Si nous n’acceptons pas de lever le pieds, de gérer notre stress, notre corps va nous rappeler à l’ordre tôt ou tard.

Le stress est une bonne chose en soi. Ce qu’il faut éviter c’est de nous mettre dans une situation de stress permanent. Dans ces cas là, nous entrons dans une spirale dont la fin est rarement positive. C’est compliqué, mais il est important d’apprendre à identifier cette phase de risque :

  • Soyez sensible à vos changements de comportement. Ecoutez quand votre entourage vous en parle. C’est un des éléments les plus visibles de la phase de résistance.
  • Identifiez les périodes à risques. Prenez de l’avance sur votre agenda. Une fois dans la zone de stress vous manquerez de recul. Mais vous vous connaissez, vous savez que certains événements vous impactent plus que d’autres. Préparez-vous, prévoyez des moyens de respirer.

Il existe autant de solutions pour gérer son stress qu’il y a de situations stressantes, mais la première chose à faire est d’identifier ce qui nous stresses, de comprendre les raisons de ce stress. Une fois cela fait, prenons soin de nous, le stress n’est pas mauvais en soi, c’est sa répétition ou sa durée qui est mauvaise !

Eric Legay

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Catégories : Textes d'amis