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Et si on sortait de ce put…. de triangle de Karpman ?

Injustice !

Colère !

Rage !

Voilà les émotions et sentiments qui prévalent à l’heure actuelle. Émotions bien justifiées au regard de l’inégalité de traitement des entreprises dans notre société et de l’incompréhensibilité des règles à appliquer. Certaines doivent fermer car « non-essentielles » tandis que d’autres ont le droit d’« ouvrir » car elles vendent des produits « essentiels ». Et force est de constater que cette appellation qui se base sur des critères incompréhensibles et subjectifs, génère un grand sentiment d’injustice ! Un vrai sentiment d’être laissés pour compte, d’être des victimes d’un système que nous avons de plus en plus de mal à accepter.

Le gouvernement a pris des décisions, a tranché d’une manière arbitraire en s’appuyant sur du vocabulaire militaire. Les artisans font partis de ce qu’on appellerait « les dommages collatéraux » en guerre. Pourtant nous ne sommes pas en guerre. Et du coup, encore ce sentiment d’injustice qui prend de l’ampleur. Et l’état qui passe au rang de bourreau alors qu’on lui demande d’être un sauveur.

Le pire c’est que maintenant grâce aux décisions absurdes, une scission est faite entre ceux qui ont le droit de travailler et ceux qui n’ont plus ce droit. Les uns pointent du doigt les autres pour décharger leur colère et leur rage. De victime, ils deviennent les bourreaux de ceux à qui cette loi injuste donne le droit de travailler en « ne pensant qu’à eux et pas aux autres ».

Le triangle de Karpman

Et voilà ce qu’on appelle le syndrome de Karpman qui met en relation le trio infernal du bourreau, de la victime et du sauveur. Karpman n’est jamais loin dans notre société et là, en trois jours, nous sommes au paroxysme de ce qui peut être fait.

Source : Emma Popieul Thomé

Nous tombons souvent dans ce trio infernal de manipulation quand les émotions et les idées ne sont pas exprimées correctement.

Je ne reviens pas sur ce sentiment d’injustice que nous ressentons tou-te-s ! Par contre est-il vraiment nécessaire de tomber dans la victimisation ? N’existe-t-il pas une façon pour enfin sortir de ce triangle vicieux qui est contre-productif et qui tire notre société vers le bas ? Ce dont il faut se rendre compte, c’est que dès que nous acceptons de faire partie de ce triangle, consciemment ou non, nous tombons dans des jeux psychologiques de manipulation. Avons-nous encore envie de nous faire manipuler ou de manipuler les autres ? Avons-nous envie de ces vieux schémas de pensée qui nous tirent vers le bas ? Car oui, ils nous font perdre notre énergie. En laissant libre cours à ce sentiment d’injustice, de persécution, sommes-nous plus ou moins en énergie ? Avons-nous envie de faire des choses ou de nous rouler en boule sur notre canapé ? Oui c’est dur, oui c’est injuste. Mais nous sommes en vie, et qui dit vie, dit espoir de créer un monde meilleur. Et il existe des solutions.

Avant de vous en parler, je souhaite être claire. Moi aussi, je suis en colère de cette injustice parce que je suis esthéticienne, parce que je suis marraine d’entrepreneurs qui se lance et qui ont déjà du fermer, parce que je suis incapable de planifier l’activité de mon entreprise.

Malgré tout, je respecte le confinement. Parce que derrière cette interdiction, il y a des gens malades, du personnel soignant épuisé par la situation sanitaire. Parce que ma grand-mère a 92 ans et que son souhait est de fêter son centenaire entourée de ses filles, ses petits-enfants et ses arrières petits-enfants, alors je ne prends pas le risque de la contaminer. 

Par contre se lamenter pendant des jours en attendant que l’état nous sauve ou alors devenir le bourreau de ceux qui ont le droit de travailler ne nous fera pas sortir de ce maudit triangle qui emprisonne toute la société en ce moment. Et comme je suis très pragmatique, je vais vous parler de solutions pour en sortir (si vous en avez envie). Car ce premier triangle ne vous amènera que rancœur, frustrations, somatisations et perte d’énergie.

Le triangle vertueux : pouvoir, puissance et permission

Pour sortir de ce triangle vicieux, nous allons voir un autre triangle de notions : pouvoir, puissance et permission. J’espère que ce que je vais vous partager maintenant vous aidera et vous redonnera de l’énergie.

Le pouvoir de changer ce qui est de notre ressort

La première notion à intégrer est celle de pouvoir. Comme dit David Lefrançois, « Nous sommes les premiers responsables de ce qui nous arrive dans la vie ». Les premiers …. mais certainement pas les seuls. A l’heure actuelle, il est bien évident que nous sommes soumis à de grosses contraintes environnementales extérieures. Par contre, la façon dont nous vivons émotionnellement les événements est de notre responsabilité, ce que nous allons mettre en place pour vivre ces situations difficiles est aussi de notre responsabilité.

La première question à se poser est « que pourrions-nous faire pour vivre au mieux cette situation qui nous est imposée ? » Nous ressentons la situation comme injuste, mais nous ne pouvons pas la changer ! La décision ne nous appartient pas. Mais à notre niveau, dans notre vie, que pouvons-nous faire pour faire changer les choses, pour mieux les vivre ?

Se mettre en mouvement …

Il faut prendre la responsabilité de notre rayon d’action et agir sur ce que nous pouvons agir. Par exemple :

  • Mettre en place un click and collect
  • Contacter ses clients pour garder un lien fort et leur expliquer que vous avez besoin d’eux
  • Contacter les instances dirigeantes pour leur faire prendre conscience de l’injustice de la loi
  • Créer une boutique en ligne
  • Gérer son temps d’informations pour ne pas se laisser envahir par des sentiments négatifs diffusés à longueur de temps par les médias
  • Se reconnecter à soi et ne pas se laisser envahir par les émotions négatives de l’extérieur grâce à la méditation, la sophrologie, des exercices de détente …

En gros, l’idée est de se mettre en mouvement, de passer à l’action pour reprendre son pouvoir. Or une victime attend que l’on vienne la sauver. Elle n’est pas en mouvement, elle est le lapin dans les phares de la voiture. Une personne qui reprend son pouvoir passe à l’action, et sort de la lumière des phares !

La force de notre puissance intérieure

La deuxième notion à intégrer pour sortir du triangle de Karpman et de ces rôles manipulateurs est celle de PUISSANCE. Cela fait référence à la puissance intérieure. Quels sont vos talents ? Quelles sont vos ressources ? Voilà deux questions qu’il convient d’approfondir. Quelles sont les choses que vous faites facilement ? Bien souvent, c’est dans ces domaines-là que s’expriment vos talents et vos qualités. De même que pour les ressources.

Quand nous sommes dans l’ancien triangle, la notion de manque est plus que présente. Nous manquons de solutions, les autres sont méchants, nous empêchent d’avoir, etc…. Mais au lieu de se fixer à ce qui nous manque, si nous focalisions notre attention sur nos ressources. Une ressource n’est pas forcément financière. Elle peut être sociale (connaître beaucoup de monde peut être une grande force, avoir une famille présente qui nous soutient, des enfants qui nous aiment…). Cette ressource peut-être du temps. Nous nous plaignons souvent du manque de temps pour faire ce qui nous ferait plaisir. Et bien là nous sommes vernis, l’état nous en impose ! Alors oui, pas comme on voudrait. Pourtant il existe. Qu’allons-nous faire de ce temps qui nous est imposé ? Le perdre en se lamentant et en jouant la victime ou en devenant le bourreau des autres ? Ou bien allez-vous le mettre à profit pour mettre à jour vos talents, vos qualités, et trouver des solutions pour mieux rebondir ?

S’accorder la permission de voir autrement

Et la dernière notion qui est importante à développer est celle de PERMISSION. Donnez-vous la permission, l’autorisation de faire les choses autrement, de voir la vie d’un regard différent, de changer, d’aller de l’avant. Bien souvent, nous ne nous autorisons pas à changer car nous avons peur du regard des autres. « Mon Dieu, je vais être différente, les autres vont me reprocher de changer car ils ne me reconnaîtront plus » se dit-on. Pourtant nos actes et nos comportements ne sont pas notre identité. Vous pouvez changer vos comportements et ne plus être dans le triangle sauveur-victime-bourreau, et pourtant vous serez la même ou le même. La question à vous poser est « qu’est-ce qui fait mon identité ? Qui suis-je vraiment ? De quoi j’ai vraiment envie ? ».

N’acceptons plus de rester enfermé dans ce triangle vicieux !

Alors oui la situation est injuste mais profitons tous de ce moment pour nous poser les bonnes questions et faire de notre monde, un monde où le pouvoir de faire les choses justes pour soi, la puissance personnelle et la permission d’être soi remplacent ce triangle de Karpman qui devrait être obsolète.

Si nous le jetions tous à la poubelle ?