Posture de dirigeante en institut : ne subissez plus votre comptable
Bilan comptable : arrêtez de vous sentir stagiaire dans votre institut
Il y a une scène que je vois revenir, année après année, comme une mauvaise habitude professionnelle.
Vous prenez rendez-vous pour le bilan comptable.
Et soudain, votre corps parle avant vous : épaules tendues, respiration courte, petit sourire de “je vais me faire gronder”.
Certaines redoutent d’être jugées.
D’autres attendent carrément un feu vert pour décider : investir, augmenter, changer une offre, recruter… “Je vais d’abord demander à mon comptable.”
Et c’est là que se glisse une confusion qui coûte cher, pas seulement en argent : vous finissez par confondre expertise technique et pouvoir de décision.
Il est temps de le dire clairement :
Le comptable n’est pas la cheffe d’entreprise.
La cheffe d’entreprise, c’est vous.
Et si ce sujet vous touche, ce n’est pas un “problème de chiffres”. C’est un sujet de posture.
Comprendre ce qui se joue : pourquoi on se sent “petite” face aux chiffres
Un comptable impressionne parce qu’il parle une langue qui ressemble à une vérité.
Des colonnes. Des ratios. Des termes qui sonnent sérieux.
Et souvent, en face, vous avez un métier que beaucoup ont encore le réflexe de minimiser : “c’est de l’esthétique”, “c’est du bien-être”, “c’est petit”.
Résultat : vous arrivez au bilan avec une vieille croyance dans la poche, même si vous ne la formulez pas :
“Lui sait. Moi je fais.”
Sauf que… son rôle n’est pas de piloter. Son rôle est de constater.
Il travaille sur le passé : ce qui a déjà été fait, encaissé, dépensé.
Il sécurise : conformité, déclarations, cohérence, alertes.
Il met en forme : pour que l’entreprise soit lisible sur le papier.
Mais la stratégie, ce n’est pas une colonne Excel.
La stratégie, c’est :
votre positionnement,
votre offre,
votre valeur,
la manière dont vous tenez votre cadre,
la façon dont vous vendez,
la qualité de vos décisions.
La comptabilité est un miroir rétrospectif. L’entrepreneuriat est une projection.
Confondre les deux, c’est risquer un truc dangereux : abandonner votre souveraineté.
Comment cette confusion se traduit dans votre quotidien (et vous ralentit)
Vous le voyez peut-être déjà, mais mettons des mots concrets dessus. Quand le comptable devient “l’autorité”, ça donne :
Vous repoussez une décision utile (augmentation, refonte de cure, changement de planning) parce que vous voulez “d’abord son avis”.
Vous cherchez la validation au lieu d’arriver avec une intention : “voilà ce que je veux construire”.
Vous acceptez des phrases floues comme des verdicts : “Ce n’est pas le moment”, “C’est risqué”, “Il faut faire attention”.
Vous vous justifiez trop. Vous vous excusez presque d’entreprendre.
Et le pire ? C’est insidieux : vous ne vous dites pas “je me soumets”.
Vous vous dites : “Je suis prudente.”
Sauf que la prudence, quand elle devient une habitude de retrait, finit par ressembler à une entreprise qui n’ose plus grandir.
L’exemple de Camille : quand les chiffres confirment la posture (pas l’inverse)
J’ai reçu récemment le témoignage de Camille, une professionnelle accompagnée dans le programme EMP Firmament.
Elle a investi dans sa montée en compétence.
Elle a réorganisé son offre.
Elle a renforcé sa spécialisation.
Elle a ajusté sa posture : plus claire, plus structurée, plus “référente”.
Et au rendez-vous de bilan, son comptable parcourt les chiffres… puis relève la tête.
“+17% de chiffre d’affaires.” (d’après son bilan comptable)
Et surtout, cette phrase qui dit tout :
“Vous n’êtes bientôt plus une vraie esthéticienne, vous êtes une vraie professionnelle et la référente du soin technique dans le secteur.”
Ce moment est important pour une raison simple :
Le comptable ne l’a pas félicitée pour un achat.
Ni pour une pub “miracle”.
Ni pour une technique magique.
Il a reconnu un professionnalisme devenu visible.
Autrement dit :
ce n’est pas la comptabilité qui a construit la croissance de Camille.
C’est Camille. Et la comptabilité l’a constatée.
La bascule à opérer : remettre chacun à sa place
Le bon cadre, c’est celui-ci :
Votre comptable = partenaire technique (il éclaire, il sécurise, il formalise).
Vous = décideuse stratégique (vous pilotez, vous choisissez, vous assumez).
Une cheffe d’entreprise consciente :
pose des questions,
demande des explications,
écoute les alertes…
…mais n’abdique pas.
Parce que votre comptable peut mesurer des résultats, pas votre potentiel.
Il peut lire un passé, pas construire votre vision.
Il peut commenter une trajectoire, mais il ne vit pas votre métier, votre clientèle, votre positionnement.
Et surtout : il ne peut pas décider à votre place de ce que signifie, dans votre secteur, se professionnaliser.
Dans un métier d’humain, de relation, d’expertise, la croissance ne vient pas “juste” d’un chiffre. Elle vient d’une posture tenue dans le temps :
une offre claire,
un cadre solide,
une spécialisation assumée,
une vente éthique et structurée,
une autorité bienveillante.
Micro-exercice (10 minutes) : arrivez au bilan comme une dirigeante
Prenez une feuille. Tracez deux colonnes.
Colonne 1 : “Ce que je veux piloter”
Écrivez 3 intentions concrètes pour les 6 prochains mois. Exemple :
“Clarifier mon offre signature et arrêter les prestations qui me dispersent.”
“Augmenter mes tarifs sur X prestation en renforçant la valeur perçue.”
“Stabiliser mon planning en posant un cadre d’annulation plus ferme.”
Colonne 2 : “Ce dont j’ai besoin du comptable”
Transformez vos intentions en questions techniques. Exemple :
“Si j’augmente X, quel impact sur ma marge ?”
“Quel niveau de charges fixes je dois sécuriser mensuellement ?”
“Quel seuil minimum de CA me met en zone confortable ?”
Vous voyez la différence ?
Vous ne venez plus demander : “Vous pensez que je peux ?”
Vous venez dire : “Voilà ce que je construis. Aidez-moi à le sécuriser.”
C’est ça, la posture.
Ce que cette posture change vraiment
Le plus beau, dans l’histoire de Camille, ce n’est pas le pourcentage.
C’est le renversement.
Elle ne s’est pas présentée au bilan en “attendant d’être autorisée”.
Elle s’est présentée en dirigeante : structurée, incarnée, claire.
Et le comptable l’a vue. Parce que la posture crée la lecture.
Elle crée vos décisions.
Elle crée votre régularité.
Elle crée votre capacité à tenir une ligne.
Et oui : à la fin, elle crée aussi des chiffres qui confirment.
Alors, la question n’est pas : “Est-ce que mon comptable va me valider ?”
La question c’est :
“Est-ce que je me tiens, aujourd’hui, comme la dirigeante que je suis déjà ?”
Si vous vous reconnaissez dans cette sensation de “redevenir stagiaire” dès qu’on parle comptabilité, commencez par renforcer votre socle : posture, clarté, structure.
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Et si vous voulez aller plus loin, vous y trouverez aussi le chemin vers les ressources / programmes qui accompagnent cette professionnalisation (offre, posture, spécialisation).
FAQ
Pourquoi j’ai peur de mon rendez-vous comptable ?
Souvent, ce n’est pas la compta : c’est la peur d’être jugée. Reprendre votre posture, c’est venir avec une intention, pas une demande de permission.
Un comptable peut-il décider à ma place ?
Il peut alerter et sécuriser, mais la stratégie (offre, tarifs, positionnement) vous appartient. Son rôle : constater et formaliser, pas piloter.
Comment me préparer à un bilan comptable quand je suis esthéticienne ?
Arrivez avec 3 décisions que vous voulez prendre et transformez-les en questions techniques (marge, charges, seuil minimum, trésorerie).
La posture de dirigeante a-t-elle un impact sur le chiffre d’affaires ?
Une posture plus claire amène souvent plus de structure (offre, cadre, vente, régularité). Les chiffres finissent par refléter cette cohérence.
Que dire si mon comptable me freine ?
Demandez du concret : “Quels indicateurs vous font dire ça ? Quelles options j’ai ? Qu’est-ce que je dois sécuriser pour avancer ?”
Auteur/autrice
florence@physiobell.fr
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