Une esthéticienne s^re d'elle qui sourit en regardant l'objectif

Longtemps, j’ai été hantée par le regard de déception de mon père quand je lui ai annoncé que je voulais être esthéticienne et ouvrir mon centre de soins.

Je suis d’une famille où la pensée est reine, où les métiers manuels sont dévalorisés au profit des métiers intellectuels. Qui d’entre vous n’a jamais eu une remarque désobligeante sur notre métier ou même qui avait honte de dire ce qu’elle faisait ?

Le « je pense donc je suis » de Descartes a fait beaucoup de mal. Cette phrase a modelé des siècles de croyances et a relégué le corps à une machine ou du moins quelque chose qui n’était pas important, qui passait après et qui n’était pas valorisé.

Mais aujourd’hui, ça suffit.

Nous, les professionnelles de la beauté, portons une expertise qui va bien au-delà d’un soin de peau ou d’une épilation. Nous sommes des gardiennes du bien-être, des révélatrices de beauté, des catalyseurs d’épanouissement.

Pourtant, combien d’entre nous hésitent encore à se reconnaître cette puissance ? Combien se cachent derrière l’humilité, la peur de déranger, la crainte d’être prises pour ce que nous ne sommes pas ?

Le poids d’une société qui nous a dévalorisée

L’histoire a décidé que le corps était secondaire, un objet à discipliner, à masquer, à ignorer. Mais toutes ces conceptions ont volé en éclat grâce aux neurosciences et aux découvertes en neurobiologie qui ont démontré que ce n’est pas le cerveau qui contrôlait et affectait le corps mais bien plutôt le corps avec le système nerveux autonome qui influençait et contrôlait à 80% au moins notre cerveau et les réactions de celui-ci !

Nous savons maintenant qu’il est bien plus que ça. Le corps parle. Il ressent. Il exprime ce que les mots ne disent pas. Et nous, esthéticiennes, savons l’écouter et le comprendre mieux que quiconque.

Mais voilà, on ne nous a jamais donné le micro. Nous avons dû nous contenter des coulisses alors que nous étions prêtes à monter sur scène.

Quand j’ai commencé, moi aussi, j’ai porté ce poids. J’ai porté le regard déçu de mon père et cela a pesé sur mes actions dans mes centres. J’avais l’impression de ne jamais être assez, de ne jamais faire assez pour être reconnue. N’avez-vous jamais connu cette sensation ? Cette impression de ne pas être prise au sérieux, de devoir prouver votre valeur encore et encore.

S’autoriser à briller est un choix.

Briller, ce n’est pas crier plus fort que les autres. Ce n’est pas écraser, ce n’est pas prouver sans cesse. Briller, c’est oser exister pleinement dans son rôle, sans s’excuser d’être là.

Vous n’êtes pas « juste des esthéticiennes. » Combien d’élèves de mon école me font part que maintenant leurs clientes leur disent « mais vous n’êtes pas qu’une esthéticienne ! Vous êtes plus. »

Changer la perception est une affaire de temps. Oui, c’est long. Oui éduquer le regard des autres sur la valeur de notre métier est un combat de tous les jours. Oui montrer que vous êtes des professionnelles du bien-être, des spécialistes du corps et de la peau, des expertes qui transforment la vie des femmes en leur redonnant confiance, en leur redonnant de l’estime, n’est pas simple.

Mais ce n’est pas en minimisant ce que vous faites que les perceptions changeront. L’autre jour, je faisais un coaching de stratégie d’entreprise à l’une d’entre vous et elle me parlait de sa « petite entreprise », qu’elle faisait des « petits accompagnements »…. Et elle s’est reprise. Elle m’a d’ailleurs dit qu’elle le disait de moins en moins.

Pourquoi son entreprise serait plus petite qu’une autre ? Pourquoi dévaloriser sa stature de chef d’entreprise ? Pourquoi s’empêcher d’être fière de son entreprise ?

Et si nous changions la perception de notre métier en nous autorisant à briller ?

Le respect et la reconnaissance ne se quémandent pas, ils s’imposent par la posture. Nous avons passé trop de temps à attendre que l’on nous accorde une place, alors qu’elle est déjà la nôtre. C’est à nous de faire comprendre notre rôle, à nous de parler, de montrer, d’incarner la valeur que nous apportons.

Nous sommes le lien entre le corps et l’esprit. Nous faisons bien plus que des soins : nous aidons les femmes à retrouver leur pouvoir. Nous leur offrons ce que personne d’autre ne peut leur donner : une reconnexion à elles-mêmes, un espace où elles se sentent exister.

Voici un message d’une des esthéticiennes du réseau Physiobell’ qui vient juste d’arriver

« Là, je viens d’avoir une dame au téléphone pour un bilan, elle me dit : « je suis une ancienne sportive de haut niveau. » Ce à quoi je lui réponds qu’elle a certainement de la cellulite fibreuse. Elle a halluciné ! Et je lui ai dit, qu’entre la cure qu’elle va faire (je ne l’ai pas encore vue) et la reprise du sport, elle allait cartonner.

Quel changement dans mon discours. J’ai l’impression qu’un immense portail vient de s’ouvrir devant moi. Je prends conscience de tout le potentiel que nous avons. Ça fait tellement de bien ! »

Cette esthéticienne s’autorise à briller. Elle a contacté la chambre des métiers, elle va avoir un article dans le journal de sa région. Elle s’autorise enfin à être reconnue !

Alors, soyons visibles. Parlons de notre expertise avec assurance. Valorisons nos compétences. Cessons de minimiser ce que nous faisons. Osons dire haut et fort que nous sommes des expertes du bien-être et de la beauté, et que notre métier a un impact profond.

Plus nous rayonnerons, plus nous changerons la perception de notre métier.

Il est temps. Et si nous commencions maintenant ?

Auteur/autrice

florence@physiobell.fr

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