Pollution : Le poids d’Internet

Si Internet était un pays, il serait le 3ème plus gros consommateur d’électricité au monde avec 1500 TWH par an, derrière la Chine et les Etats-Unis. Au total, le numérique consomme 10 à 15 % de l’électricité mondiale, soit l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires. Et cette consommation double tous les 4 ans !

Un coût énergétique insoupçonné à chaque clic de souris

Commencons par le début, si Internet pollue autant c’est principalement à cause de nous tous. Tout comme nous polluons tous en nous lavant, en chauffant ou en nous déplaçant, nous sommes tous impliqués dans la pollution généré par Internet.

L’acte individuel est négligeable (et semble inévitable), mais à l’echelle de la planète l’impact est monstrueux ! Il faut donc aborder la question la tête froide sans sombrer dans les accusations réciproques.

Un téléviseur en veille et une box internet reliés consomment en moyenne entre 150 et 300 kWh par an. Au prix du kWh, cela correspond à une facture annuelle comprise entre 23 et 47 €. Calculez la perte inutile pour vous, si vous n’utilisez le web que 6 heures par jour …
A titre de comparaison, un réfrigérateur de 200 litres de classe A+ (parmi les plus efficaces), fonctionnant en continu, consomme 212 kWh durant une année.

Maintenant voyons un peu plus loin …. Imaginons que 90% des 30 millions de foyers français ont une box chez eux (oups, c’est le cas …). Cela représente entre 4 et 8 TWh, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire moyen … Et oui, juste pour ne pas avoir à attendre 2 minutes notre accès à Internet quand nous rentrons chez nous … Si nous devions rallumer notre box !

Savez-vous quelle quantité d’énergie consomme l’envoi d’un simple e-mail ? Avec une pièce jointe, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe).
Le simple envoi d’un email demande une logistique que les internautes ne soupçonnent pas. Entre le service de messagerie, le fournisseur d’accès, les centres de stockage de données, puis le même trajet effectué dans l’autre sens, un mail induit une réelle consommation électrique. Une enquête France Télévision annonçait en janvier dernier que les échanges de mail d’un salarié moyen – 33 mails envoyés et 55 reçus – émettent l’équivalent des gaz à effet de serre rejetés par une voiture pendant 11 Km, et la consommation de deux packs d’eau.

Comment diminuer notre consommation d’énergie numérique ?

Prendre conscience de toute cette pollution liée à internet est déjà un premier pas vers une amélioration. Chacun à sa portée peut tenter d’améliorer son empreinte énergétique liée au monde numérique : éteindre sa box la nuit ou lorsqu’elle n’est pas utilisée, acheter du matériel adapté et économe, supprimer les mails inutiles plutôt que de les archiver, privilégier le stockage de données local plutôt que sur le Cloud…

Ces petits gestes pourraient tout changer s’ils étaient plus largement adoptés. Ils demandent du temps et une attention du quotidien mais ont un impact direct sur nos factures énergétiques, et à plus grande échelle, sur la consommation et la production d’électricité du pays.

Sources

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